La porte d'accès au toit portait un écriteau promettant une alarme, et en quatre ans à la caler avec un prospectus plié, ni l'un ni l'autre ne l'avait jamais entendue. Première nuit fraîche depuis juin — assez fraîche pour qu'il monte une couverture sans demander si elle en voulait une, et elle l'avait laissé faire.
« Dix minutes », dit-elle en se laissant tomber sur le gravier, là où il avait étalé la couverture. « Je me lève tôt demain. » Il ne discuta pas. Il s'assit simplement assez près pour que leurs manches se touchent à la couture, et aucun des deux ne s'écarta.
La pluie d'étoiles filantes devait atteindre son pic à minuit, ce qui leur laissait un long moment sans rien d'autre que le ciel, l'ombre du château d'eau, et les banalités qu'ils avaient déjà épuisées des semaines plus tôt.
La première traînée passa avant que l'un ou l'autre ne regarde vraiment. « Là », dit-il, montrant l'endroit où elle avait déjà cessé d'être quoi que ce soit. « Tu auras la prochaine. »
Elle ne l'eut pas. Lui non plus, deux fois de suite, et chaque étoile manquée devenait sa propre excuse pour rester encore un peu — une de plus, et après on rentre.
Son épaule avait trouvé la sienne quelque part dans la seconde demi-heure, et y était restée, et la chaleur de ce contact faisait quelque chose au plan des dix minutes qu'aucun des deux ne mentionnait.
« Tu ne regardes même plus », dit-il, bas, et elle se rendit compte qu'il avait raison — elle observait le profil de son visage depuis trois étoiles filantes.
Sa main quitta la couverture et trouva sa taille à la place, sans demander, arrivant simplement, comme le fait une main qui a déjà décidé quelque chose que le reste de lui n'avait pas encore dit tout haut.
Le ciel continuait de faire ce que le ciel fait. Ni l'un ni l'autre n'y prêtait plus attention. Son réveil matinal était encore là, quelque part, théorique, facile à oublier sous un toit plein d'étoiles et cette seule ligne chaude où son épaule rencontrait la sienne, deux visages tournés vers rien, attendant une raison qui avait déjà cessé d'être le ciel.
